• Coaster Crafter

    Masterpiece Intensity Ejectors Rattle

    Il faut admirer El Toro pour une chose essentielle : l’exploit d’avoir réussi à faire aussi longtemps l’unanimité comme étant le meilleur grand-huit au monde avec un parcours d’une simplicité aussi outrancière. C’est que l’éclatante réussite de cette montagne russe en bois tient à cela : il offre sur ce parcours d’un rare dépouillement un ravageur sentiment de déchaînement. Est-il réellement nécessaire de revenir sur l’ahurissante puissance qu’il déploie ? On n’en dira jamais assez… Qu’il s’agisse des creux et virages particulièrement écrasants, ou évidemment des bosses dont les airtimes sont devenus légendaires (à juste titre !), El Toro est absolument époustouflant de générosité : dès le premier camelback il nous fait dire qu’on a jamais vécu airtime aussi monstrueux, et deux autres fois dans son parcours il nous fera répéter cette euphorique affirmation, jusqu’à la fameuse « Rolling Thunder hill », considérée par beaucoup – et sans exagération – comme l’ejector le plus brutal qui puisse être. Étonnamment, peu de grands-huit se sont risqués à ce simple exercice de style, soit repousser tous les compteurs (vitesse, airtimes, puissance) sur un substrat des plus classique. Classique, dépouillé, mais étonnamment exhaustif : El Toro, c’est l’histoire du wooden réécrite par l’explosion contrastée des forces, de l’out-and-back au twister, de l’euphorie de l’airtime à la sauvagerie du changement de direction en passant par l’engouffrement dans les structures. Le réel coup d’éclat de Stengel ici a donc été le suivant : faire de la rigueur théorique de son parcours la condition de l’outrance sensationnelle qu’il délivre, transcendant toute opposition entre mesure et démesure. Un éloge paradoxal de la simplicité, en quelque sorte, et un immanquable classique des années 2000.

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    First Drop Inversions Pace

    Zadra, c'est d'abord une espèce de pot-pourri de tout ce que Schilke a fait de mieux : ne serait-ce que la première descente, monstrueuse d’airtime ! Il faut aussi citer le titanesque Zero-G stall, l’énorme « outward banked top hat » qui propose un ejector quasi chorégraphique tant il virevolte brutalement dans un sens puis dans l’autre, les deux Zero-G roll absolument furieux (on y reviendra), l’EGF-turn au ras du sol pris à une vitesse dépassant l’entendement, les « pop » d’airtime ejector combinés à des G latéraux… Pas un centimètre de rail n’est gâché, et les quelques moments moins éclatants ne sont pas des temps morts pour autant. C’est que Zadra est un monstre de rythme et de vitesse, qui – à l’instar d’Ispeed dans sa première partie – ne laisse qu’à peine le temps d’appréhender le parcours qui se donne à nous. Certes brutal et sans répit, Zadra est aussi étonnamment aérien, et utilise finalement assez peu la structure en bois inhérente au genre dont il se revendique. Ce qui peut paraître vu du sol plutôt cocasse (pourquoi vanter Zadra comme un « wooden » quand on n’utilise pas un des éléments identitaires de cette catégorie, à savoir le passage dans les structures ?) est en vérité une subtilité stylistique extraordinaire : par contraste, les rares moments où le trains s’engouffre franchement au milieu du bois et de l’acier (on parle d’un hybride, hein Energylandia…) sont mis en valeur. Ces moments, ils sont au nombre de deux, le premier étant cet énorme demi-tour bien chargé en G positifs, qui fait un peu penser aux Jr Immelmans de Taron ou Black Mamba en version primitive, mais qui contrairement à ces deux là se termine par un grand moment d’airtime (contraste encore !). Le deuxième – incontestablement le plus mémorable – survient lors d’un incroyable Zero-G roll qui s’engouffre justement dans la même structure colossale. Si de jour ce brusque retournement a déjà la formidable vivacité de combiner avec une rare finesse la grâce aérienne et la proximité avec le tangible, c’est de nuit qu’il se révèle comme un élément clé de Zadra. La pénombre qui fait complètement disparaître la ligne d'horizon, les lumières projetées d'un peu partout qui traversent difficilement l'opaque structure, le fait que ce retournement ne nous ramène pas tout à fait à l'endroit (puisqu'il se termine en virage) et surtout la vitesse du grand-huit chaud bouillant (combinée à la sensation de flottement du "Zero-G") produisent quelque chose de complètement inédit (du moins pour un coaster enthusiast avisé) : pendant un court instant, tous nos sens sont brouillés et on ne sait tout bonnement plus si on est à l'endroit ou à l'envers. C'est simple dit comme ça, mais lorsque les concepts de gravité, de verticalité et d'horizontalité échappent à littéralement TOUTE PERCEPTION (y compris visuelle), il ne reste plus que l'impression d'être dans une autre dimension… C’est proprement ahurissant. C’est cette inversion qui fait passer Zadra dans une catégorie supérieure, celle très restreinte des grands-huit euphorisants qui transcendent tous leurs contrastes pour offrir une expérience échappant réellement aux règles de l’entendement. Un chef d’œuvre.

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    Theming Pace Duration Dead spots

    Taron au juste, c’est quoi ? Mystère. Les décors abondent, et pourtant rien sur la storyline, pas plus que pour Raik, le très sympathique junior coaster de Klugheim. Comme pour EGF et sa forêt, comme pour Shambhala et ses bosses mirifiques, il faut poser les fesses sur Taron pour comprendre ce qu'il est vraiment. Le grand-huit est tellurique, évidemment : il rase les rochers, passe dans des tunnels, serpente au ras des gravats avec puissance. Le grand-huit est céleste, également : ses airtimes sont énormes, fréquents, et il n'hésite pas à prendre de la hauteur au détour d'un Jr Imelmann monstrueux. Mais Taron est au dessus de ça, au dessus de cette tension. Taron, en dépit de son intensité parfois bien agressive, en dépit des G positifs et négatifs qu'il déploie offre un parcours d'une légèreté ahurissante. Ce n'est plus un tour de grand-huit c'est une danse, une chorégraphie virevoltante qui se faufile avec aisance dans chaque recoin du monde fictif qu'elle investit, ce village abandonné de roche, d'eau et de bois qu'elle transfigure en une orgie de sensations. Taron est une chorégraphie abstraite, aussi furieuse que gracieuse, qui toise le ciel comme le sol, de manière égale. Une merveille qui comme Black Mamba ne fait plus qu'un avec la zone qu'il redessine de ses courbes, un extraordinaire coup de génie auquel on pardonne immédiatement ses quelques temps morts pour profiter de ses éclatants moments d'anthologie.

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    Inversions Pace Masterpiece

    Katun, c’est le classicisme de B&M dans toute sa splendeur : l’ensemble ne vise rien de moins que la perfection, et soyons honnêtes, en ce qui concerne son parcours il l’atteint haut la main ! Rien, absolument rien n’est superflu ou fait de travers dans ce grand-huit, chaque centimètre de rail est à sa place, chaque élément est dosé exactement comme il faut pour atteindre le parfait équilibre entre majesté aérienne et puissance terrestre. Ce n’est pas un hasard si à l’exact milieu du ride se trouve son sommet absolu à la fois en ce qui concerne la force et la virevolte… Quand on parle d’équilibre, c’est bien aussi de signaler qu’en termes d’intensité, Katun arrache certes comme peu d’autres inverteds le font, mais a aucun moment il n’arrache trop, chaque pause dans le parcours étant impeccablement à sa place avec exactement la durée qu’il faut. Et de nuit, franchement, c’est le nirvana. Du registre céleste, on passe au registre astral grâce à l’immensité noire et aux étoiles ; de puissance terrestre, on passe à puissance surnaturelle grâce aux éclairages légèrement immatériels. Le parfait équilibre entre le ciel et la terre donne – de nuit – quelque chose de superbement cosmique… Si on ajoute à cela le fait que Katun a chauffé toute la journée et délivre une énergie ahurissante, c’est tout bonnement le pied total. B&M à son meilleur.